Poèmes de Bernard Perroy, déjà publiés ou inédits, lus par l’auteur un soir de printemps, accompagné par le pianiste Nicolas Celoro, à l’Abbaye Blanche (Mortain – Normandie), lors d’un vernissage où exposaient la sculptrice Catherine Carré, le peintre Marcel Hasquin, le plasticien Rachid Koraïchi…
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à Alain Suied,
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Mon âme,
il te revient sur le chemin
ce nom oublié,
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ce jour parmi les jours
que préserve ton cœur
tout au fond,
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cet instant
depuis ta venue
en ce monde,
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éloge déjà
du jour
où tes yeux
se fermeront
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sur des feux
nouveaux,
sur la lumière d’avant,
d’après la nuit,
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sur l’incendie
de ton éternel repos…
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à Jean-Pierre Lemaire,
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Te souviens-tu ?
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L’odeur des premiers fruits
tombés de l’arbre après la pluie,
le jeu des sourires
nettoyant les visages abattus,
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au-dessous de la cendre
les mouvements du feu
comme les dix doigts
courant sur la flûte,
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l’ancienne chanson,
l’étoile retrouvée,
l’étoile toujours neuve,
l’enfance d’un pardon…
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à Rachid Koraïchi,
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Les animaux se sont assoupis,
un silence de sable balaie ton enclos…
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Les enfants sous la tente
rêvent de soleils et de lunes,
et leurs paupières
se ferment sur des trésors enfouis…
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Toute parole se tait,
que prenne place le chant des astres,
que le désert de ton cœur
brûle comme braise
dans l’âtre du monde…
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Bernard Perroy
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B. Perroy et un ami – désert Egypte © C. Deher
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Le désert entre en toi
comme une nouvelle ivresse,
une amitié avec ce que
tu ne connais pas…
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Tu lèves le verre
au péril de la vie,
à sa musique entraperçue
derrière les voiles du vent…
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Nos yeux s’allument,
redeviennent les yeux de notre enfance
quand tout n’était qu’un jeu
et l’univers entier un pays familier…
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Mais la pierre sur le chemin
nous rappelle le chant de chaque jour,
le rythme sourd sur lequel s’appuyer
pour mieux croître à l’ombre des cimes.
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pour la sculpture-oiseau de Catherine Carré,
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Oiseau poète
tu penches la tête sur le monde…
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À l’endroit
à l’envers
tu le regardes
et tu l’aimes…
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Après le vol
tu touches terre
planté sur tes deux
pattes parallèles
et tu refermes tes ailes
sur le silence de tes
humbles secrets…
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à Gilles Manero,
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Rien à dire
de ce pas
qui nous mène
à plus grand que soi,
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de cette voix
qui nous poursuit
au-delà des chemins
et des jours,
de ce qui sourd
du fond du cœur
à l’heure
où les mots
ne deviendraient
qu’un témoignage du silence
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Naître tout simplement
durant le jour
à l’occasion d’un sourire…
L’absence se trouve comblée
d’un geste ou d’un soupir…
Le livre s’ouvre
sur la page
à remplir…
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