Poèmes dits…

Poèmes de Bernard Perroy, déjà publiés ou inédits, lus par l’auteur un soir de printemps, accompagné par le pianiste Nicolas Celoro, à l’Abbaye Blanche (Mortain – Normandie), lors d’un vernissage où exposaient la sculptrice Catherine Carré, le peintre Marcel Hasquin, le plasticien Rachid Koraïchi

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                         à Alain Suied,

.

Mon âme,

il te revient sur le chemin

ce nom oublié,

.
ce jour parmi les jours
que préserve ton cœur
tout au fond,

.

cet instant
depuis ta venue
en ce monde,

.

éloge déjà
du jour
où tes yeux
se fermeront

.

sur des feux
nouveaux,

sur la lumière d’avant,
d’après la nuit,

.

sur l’incendie
de ton éternel repos…

.

       *

.

                à Jean-Pierre Lemaire,

.

Te souviens-tu ?

.

L’odeur des premiers fruits
tombés de l’arbre après la pluie,
le jeu des sourires
nettoyant les visages abattus,

.

au-dessous de la cendre
les mouvements du feu
comme les dix doigts
courant sur la flûte,

.

l’ancienne chanson,
l’étoile retrouvée,
l’étoile toujours neuve,

l’enfance d’un pardon…

.

        *

.

                            à Rachid Koraïchi,

.

Les animaux se sont assoupis,

un silence de sable balaie ton enclos…

.

Les enfants sous la tente

rêvent de soleils et de lunes,
et leurs paupières
se ferment sur des trésors enfouis…

.

Toute parole se tait,
que prenne place le chant des astres,

que le désert de ton cœur
brûle comme braise

dans l’âtre du monde…

.

 Bernard Perroy

.

Bernard Perroy (déset occidental Égypte)

B. Perroy et un ami – désert Egypte © C. Deher

.

Le désert entre en toi

comme une nouvelle ivresse,
une amitié avec ce que
tu ne connais pas…

.

Tu lèves le verre
au péril de la vie,

à sa musique entraperçue
derrière les voiles du vent…

.

       *

Nos yeux s’allument,
redeviennent les yeux de notre enfance
quand tout n’était qu’un jeu
et l’univers entier un pays familier…

.

Mais la pierre sur le chemin
nous rappelle le chant de chaque jour,
le rythme sourd sur lequel s’appuyer
pour mieux croître à l’ombre des cimes.

.

                 *

.

            pour la sculpture-oiseau de Catherine Carré,

.

Oiseau poète
tu penches la tête sur le monde…

.

À l’endroit
à l’envers
tu le regardes
et tu l’aimes…

.

Après le vol
tu touches terre
planté sur tes deux
pattes parallèles

et tu refermes tes ailes
sur le silence de tes
humbles secrets…

.

         *

.

                à Gilles Manero,

.

Rien à dire
de ce pas
qui nous mène
à plus grand que soi,

.

de cette voix
qui nous poursuit
au-delà des chemins
et des jours,

de ce qui sourd
du fond du cœur
à l’heure
où les mots
ne deviendraient
qu’un témoignage du silence

.

        *

Naître tout simplement
durant le jour
à l’occasion d’un sourire…

L’absence se trouve comblée
d’un geste ou d’un soupir…

Le livre s’ouvre
sur la page
à remplir…

.

        *

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