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Nos yeux s’allument,
redeviennent les yeux de notre enfance…
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Sur le rivage meurent
nos mots d’homme :
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mourir comme l’on s’endort,
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le corps échoué
comme un bois mort,
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et l’eau circule, érode et sculpte à son aise
sur nos surfaces,
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les harmoniques du temps
ou ses escarpements,
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et toutes ces traces que l’on porte
avec soi,
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l’encens de l’âge qu’on offre
à la lumière du soir
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et qui s’échappe tout doucement
depuis le fond de notre regard…
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Non,
ce n’est pas d’hier
ces moments
où les mots
semblent se dérober.
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La vie s’offre parfois
comme un cratère béant,
une absence,
un squelette d’espérance,
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et pourtant,
il reste toujours
dans nos entrailles
une révérence,
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pour la petite musique de l’eau vive…
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© photos Emila Gitana
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