Archive pour la Catégorie 'AU FIL DU TEMPS… 5'

D’un jour à l’autre…

 

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Acrylique sur craft, 69×116

© N athalie Billecocq

…s’approcher du mystère, se laisser prendre par les tendres rayons d’une lumière d’octobre aux accents mauves et roses. Le soleil vient caresser l’arbre fragile deviné dans la brume, ami silencieux qui étale ses branches comme on s’ouvre aux souvenirs d’enfance, à ses légendes, à l’avenir aussi dont la beauté, malgré les houles ou les tempêtes, alimente en nos cœurs le désir et l’ardeur de la vie…

Bernard Perroy

*

Un petit moment avec toi…

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 René Char – © D.R.

Tu ne savais pas seulement lire
les feuillets d’un oracle
ou d’un livre inconnu,
 
tu décryptais la chance
que nous avons de vivre,
à travers les signes multiples
des champs ou des villes,
 
parmi l’écorce des choses,
leurs étincelles, leurs silences, 
parmi le chant ou la parole d’un paysage
chaque fois que tu te promenais…
 
Tu te désolais
de l’aveugle et du satisfait
qui ne chantaient jamais
 
car la beauté,
dans toute ses contradictions,
ne pouvait trouver en eux
une ouverture par laquelle pénétrer…
 
Et tu pleurais abondamment,
même si tu ne montrais tes larmes
qu’à travers la braise
ou le fouet de ton verbe haut…
 
Bernard Perroy
 

*

La nuit nous parle…

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Djebel el-Teir (Moyen-Égypte)  © Cath. Deher, 2007

          à Adel Ghali,
          à ces enfants rencontrés en chemin
          et à tous mes frères égyptiens,

La nuit nous parle
et le coeur ne sait que dire
devant le sang versé
pour qui,
pour quoi ?

Que nos coeurs apprennent à sourire
et que nos yeux brillent
comme ceux des enfants…

Comment le jour peut-il encore fleurir
si nos idées prennent le pas
sur l’amour que l’on se doit
les uns pour les autres ?

Puisse la pluie des pleurs et les cris
de deuil ne pas donner prise
à la violence,
mais féconder l’écho
d’un regard clair
comme celui des enfants…

La nuit nous parle
et le coeur à sa table d’existence
ne sait que dire,
mais poursuit sa lente progression
sur le chemin de l’aube…

Bernard Perroy

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Djebel el-Teir (Moyen-Égypte)  © Cath. Deher, 2007


*

L’instant d’un regard suspendu…

 

 

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Noirmoutier – © Jef Perroy

En ce moment

tu dois regarder la mer

en t’échappant du temps

et de ses rouages,

.

en espérant peut-être ne plus composer

avec la part d’un héritage

de guerre et de carreaux cassés.

.

Tu regardes la mer

et son mouvement te donne à penser

que le monde éphémère

se porte déjà

vers son éternité…

.

Bernard Perroy

.

*

 

Soleil, soleils…

 

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photo © Dominique Lefèvre

 .

                                à Dominique Hanquart,

 .

J’ai rencontré ton pas

tandis que je me promenais

prêt à toute surprise,

.

et l’eau de ton visage

se mit à me chanter la vie

comme le passage léger

d’un ruisseau…

 .

Soleil,

soleils,

visites fraternelles

dans la nuit de nos pas,

 .

et je poursuis ainsi

chaque jour

mon chemin…

 .

Bernard Perroy

.

*

 .

(voir dans « Albums photos » pour les peintures de D. Hanquart

et les « Liens artistes » pour les photos de D. Lefèvre)

à tout moment…

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peinture © Nathalie Billecocq


L’arbre au tronc gris chante et ses feuilles
ocre-doux tombent
car il en est grand temps.
 
Il est grand temps de croire
que rien n’est absolument triste,
même quand on est maigre et gris.
 
Voyez cet arbre qui chante
en se mêlant au jeu des ombres
et de la lumière…
 
On ne trouve pas ces choses
seulement dans les contes
que l’on égrène pour les petits et pour les grands,

on les trouve à tout moment,
et c’est vivre,
que l’on soit petit ou  grand…

Bernard Perroy

(retrouvez les peintures de Nathalie Billecocq, accompagnés des textes de Bernard Perroy, dans « Miroir pour l’arbre »- liste des catégories d’articles : marge de droite)

Bois flottés…

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.

Nos yeux s’allument,

redeviennent les yeux de notre enfance…

.

Sur le rivage meurent

nos mots d’homme :

.

mourir comme l’on s’endort,

.

le corps échoué

comme un bois mort,

.

et l’eau circule, érode et sculpte à son aise

sur nos surfaces,

.

les harmoniques du temps

ou ses escarpements,

.

et toutes ces traces que l’on porte

avec soi,

.

l’encens de l’âge qu’on offre

à la lumière du soir 

.

et qui s’échappe tout doucement

depuis le fond de notre regard…

.

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.

Non,

ce n’est pas d’hier

ces moments

où les mots

semblent se dérober.

 .

La vie s’offre parfois

comme un cratère béant,

une absence,

un squelette d’espérance,

 .

et pourtant,

il reste toujours

dans nos entrailles

une révérence,

 .

pour la petite musique de l’eau vive…

 .

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.

© photos Emila Gitana

*

 

Comme si…

 

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             peinture d’Aaron Hinojosa – @ Emila Gitana

.

                                          à Cornélia Farcas,

Quel amour,

quel soudaine synthèse,

quel sommaire donner à une vie,

 

celle de son père

quand il vient de mourir ?

 

La nuit s’effondre sur vous,

le fil des souvenirs se déroule

comme une pelote folle,

 

la rive sur laquelle nous comptions

se dévide à l’infini,

 

même si l’on tâche de vivre,

d’heure en heure,

 

comme si…

 

Bernard Perroy

 

 

*

 

 

La vie majestueuse…

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Vallon de Polset – photo Cyrille Jalabert

Je ne te parlerai pas
de mort,
ni de nuit,

les mont s’élèvent

et leurs corps de rocailles
parsemés de verdures
suffisent pour nous rendre au message
de la vie majestueuse
qui souffle de partout,

depuis ces pentes
baignées de silence matinal
jusqu’aux demeures les plus secrètes
qui déploient dans nos coeurs
leurs paysages sans pareil…

Bernard Perroy

*

Le chemin des surprises…

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Hamid Tibouchi
Serie Toughra à la trace, 2003

Technique mixte sur papier et carton, 40X30cm

 .

 *

 deux poèmes pour Hamid Tibouchi,

.

Rien n’est pris au hasard,
la route mène
là où tu chantes en toi
ce petit morceau
d’attente ou de fureur…

.

et prendre alors,
détour après détour,
le chemin des surprises
les plus ordinaires,

.

puisque tu aimes ces flots
et leur bruit
au passage
caressant ton oreille…

.

*

.

Sur la plus haute branche

un ciel désormais vient, s’épanche, transfigure le creux
de nos regards blessés…

.

Le miel s’écoule
aux rayons d’or,
miel du ciel
sur nos épaules brèves,

.

le temps d’apprendre
à sourire du peu
que l’on pressent
des mots, des branches,
des pas d’un enfant
lorsqu’il s’émerveille
en se frayant un chemin
dans le jardin des peines et des couleurs…

.

Tout vient apprivoiser
notre attente,

que vivent nos yeux,
nos refrains, nos étreintes,

que roule la perle du temps
sous nos doigts d’apprentis,

quand vivre toujours davantage
nous éduque lentement à mourir…

.

Bernard Perroy

*

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*

Pour connaître davantage le peintre et poète Hamid Tibouchi, voir Lien en marge de droite)

 

 

 

 




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