Archive pour la Catégorie 'AU FIL DU TEMPS… 6'

Les yeux ouverts…

 

Les yeux ouverts... dans AU FIL DU TEMPS... 6 p1160776-225x300Bords de Loire - © B. Perroy

.

                                   à Yves Perrine,

La poésie boit nos peines

et se fraye un chemin dans l’attente des hommes

aux yeux ouverts sur la lucarne du ciel,

sur les courbes changeantes

à la surface des eaux du fleuve,

.

tandis que leurs mains fourragent dans les herbes

et se perdent sur les imperfections d’une pierre,

ou les humeurs d’un ver de terre…

.

La poésie ne sait pas qu’elle parle

et que les mots lui sont comme des tas de sable

que l’on se fabrique sur le rivage en parcourant des yeux

un mur, un arbre ou le grand horizon,

.

et ce peu venu de si profond

qui perle en tout temps

sur les lèvres du cœur.

.

                                    Bernard Perroy

 

*

Vue sur la mer…

 

Vue sur la mer... dans AU FIL DU TEMPS... 6 corse-gerard-laurenceau-2006-300x300

Corse, 2006 – © G. Laurenceau

 

                                                    à Matthieu Baumier,

.

Je me mets à genoux

devant la brise légère

qui veut me réchauffer

de l’intérieur,

.

faire renaître de leurs cendres

ces mots que la douleur entrave,

ce cœur en moi

qui ne sait plus reconnaître la flamme

ni les promesses du jour…

.

Brise légère,

apprends-moi,

de tout ce que je parcours,

cette sorte de  joie qui ne s’en va pas.

.

Bernard Perroy

.

*

Je ne m’ennuie jamais…

 

Je ne m'ennuie jamais... dans AU FIL DU TEMPS... 6 enfants-fontaine1-300x150

Enfants à la fontaine – © D.R.

 

                                                       à J.M. Bongiraud,

Je ne m’ennuie jamais

dans l’alcôve des jours et des nuits

qui laissent derrière eux

ces pleins ou ces vides

et tout ce qui gouverne au désir.

.

Rien en ce monde ne peut durer

et les soleils de nos vies

dansent au-dessus de la poussière

comme des étoiles et des lunes

apparues à l’encre grattée

d’une gravure au noir…

.

Et j’entends sous la pluie

chanter l’enfant à l’affût des fontaines

et des contes, à moins qu’il ne coure

après l’oiseau niché

tout au fond de son cœur.

.

Bernard Perroy

 .

 ( La manière noire est une technique de gravure par laquelle, en grattant la couche d’encre,

on fait apparaître le trait lumineux. )

 

 

*

 

veille…

veille... dans AU FIL DU TEMPS... 6 LE-Vieil-c-B.-Perroy-225x300

Le Vieil -  © B. Perroy

L’homme écoute sa voix
dans la voix de l’océan,

ces flux et reflux plus ou moins vifs
ou réguliers selon les heures,

dans la pénombre ou par beau temps…
tellement que le bleu par la chaleur

se grise et que son métal s’ajoute tout doucement
au cliquetis des mâts tout près de la digue endormie aujourd’hui

quand les regards des pêcheurs,

tout en scrutant les possibles changements
de l’horizon,

veillent sur le bonheur…

Bernard Perroy

 

*

abandon…

abandon... dans AU FIL DU TEMPS... 6 abandon-300x225

Le Vieil, Noirmoutier – © B. Perroy

Abandon,
lente approche du secret.

La lumière
éclaircit notre soif,

met sa paix
sur nos plages d’ombre

et dans le cœur
un simple chant suffit

pour que le ciel se rende
à hauteur d’homme.

Bernard Perroy

 

*

J’attends…

un banc, 1984 (160x87) - c Bd Perroy

Un banc (détail) de Solomon Rossine (1984) – © B. Perroy

 

L’aube ne semble pas venir

et j’attends…

 

J’attends la danse des mots et des gestes,

un sourire non prémédité, une chance soudaine,

 

un bol de rien rempli du temps qu’on passe

à parler de tout et de rien simplement parce qu’ensemble

on est bien…

 

J’attends ce qu’aucun mot, aucune musique au monde

ne saurait remplacer…

 

J’attends sur mon banc que des fruits doux

s’éparpillent dans l’air comme un effet de simple bonté,

de simple beauté,

 

comme l’aube qui pointe son nez, animal obstiné,

à l’orée de mon coeur…

 

Bernard Perroy

 

*

(Pour en connaître davantage sur les oeuvres et la vie de Solomon Rossine,

voir dans les catégories : « Arrêt sur… » et « Albums photos »)

Désert 1

 

La vérité du désert, c’est le silence

Sylvie Acatos

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Désert du Néguev – © Bernard Perroy

 .

Sur la page à venir

ta marche

parmi les pierres

et la poussière

chante déjà

à l’encre de tes pas

 .

et du silence offert…

 .

p1000314.jpg

Désert du Néguev – © Bernard Perroy

.

Chante à la nuit,

à la flamme,

aux prochains jours

de silence

ou de pluie…

 .

Chante

à l’oreille

de ton coeur…

 .

Chante

à perte de vue

vers ce qui toujours

te précède…

 .

Chante

à ce que tu découvres

sous tes pas,

 .

à ce qui te mène

vers où tu ne sais pas...

 .

*

 

 .

Tu cherches la note

et sans doute avec la note,

 .

l’amour

le monde,

l’enfance,

 .

l’homme

et sa seconde enfance

dans le vieillard,

assis chez toi,

 .

et tout ce

qui te parle

d’absence,

de présence,

 .

de fontaine éblouies

et d’eau vive,

.

d’oasis et de paix

 .

Tu cherches la note

à retranscrire

sur la page à venir…

 .

*

Tu cherches

et tu notes,

.

tu écris comme tu marches,

comme tu parles,

 .

et tu chantes

.

Tu ne sais pas toujours

dire

le paysage,

 .

ses ombres pierreuses,

ses roches coiffées de soleil,

 .

ses lointains

et ses proches,

 .

la brûlure du corps

et du coeur…

 .

Le paysage ici

déploie son paradoxe,

 .

il fait remonter en toi

tant de choses

en même temps

 .

qu’il vient te taire…

 .

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Désert du Néguev - © Bernard Perroy

 .

*

Ta vie

entière

est paysage

 .

et tu marches,

tu cherches

et tu sais

déjà

.

que tu ne

t’arrêteras

jamais…

 .

Bernard Perroy

.

*

Désert 2

Le désert, c’est aussi l’écoute, l’extrême écoute.

Edmond Jabès

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Désert du Néguev – © Bernard Perroy

 .

L’espérance des hommes

affûte le temps,

toute chose comptée,

notre espace intérieur,

sur l’établi de l’éternité…

 .

*

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 Désert du Néguev – © Bernard Perroy

 .

En tout lieu

les mêmes réjouissances,

les mêmes fatigues, et ce pourquoi

nous restons si souvent

 .

sans voix…

 .

*

Les mots eux-mêmes

ne sont l’affaire

que d’un instant,

 .

mots nomades des lieux

et des temps…

 .

*

Désert 2 dans AU FIL DU TEMPS... 6 1copiedep1000285

Désert du Néguev – © Bernard Perroy

 .

Un seul regard

sur le rythme lent de la marche

peut éclairer

d’un jour nouveau

ce que nous avions cru

peut-être tant

savoir…

 .

*

Céder

à la tentation du bleu,

.

Hauts royaumes du silence…

*





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