Archive pour la Catégorie 'FENêTRES SONORES'

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Un être libre… Abdellatif Laâbi

 

(prix Goncourt de la poésie 2009)

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« S’il y a une force évidente de la poésie de Laâbi, c’est qu’elle parle immédiatement, de l’intérieur, à celui qui l’accueille. La seule matière dont elle est pétrie, c’est l’humain qui n’est étranger à personne. Et c’est par cette proximité-là, et non au moyen d’un art qui n’a d’autre finalité que lui-même, qu’elle touche à l’universel. » Jean-Luc Wauthier

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Enigme de l’air…

 

- texte de Jacques Ancet lu par l’auteur –

 

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*

 (accès à son site dans la liste ci-contre des « Liens auteurs, poètes… »)

 

Spiegel im spiegel (Arvo Pärt)

 

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Ne serais-tu pas
l’hôte d’un pas
plus ancien que le nôtre,
 
témoin et source de l’élan
qui se fraie un chemin
parmi les herbes sauvages

et la fragilité des pâquerettes ?
 
Qu’as-tu à nous dire
qui passe avec la simplicité
d’un monde à basse échelle
 
habité par le froissement
d’un fouillis de verdure et de troncs,

d’un essaim étoilé de fleurs
plus blanches les unes que les autres,
tapissant le parterre du sous-bois,

d’un silence appris dans l’égrènement
subtile de notes frêles,
 
dans la fraicheur des ombres rasantes
et d’un monde à nos pieds
qui nous fait croître
en petitesse ?
 
Bernard Perroy

sur un poème de François Cheng…

 

 

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À la table d’écriture… de Christian Bobin

 

Lire,

écrire,

approcher du feu

qui couve silencieusement,

 .

princesse d’aube

d’or fin

ou d’enfance,

 .

d’épopées

et de doutes

accueillis

simplement…

 .

Traduire,

non parce qu’il le faut,

mais parce que les mots

nous y engagent

à l’excès

dans cette région du coeur

qui s’est laissée séduire ainsi

au fil de sa propre

existence…

 .

Retranscrire si possible la vie

et ses degrés d’amour,

ses maladresses,

ses désirs,

 .

et cette lumière filtrée

à l’aune de nos âmes

 

qui à la fois baigne

et respecte nos pas…

 .

  Bernard Perroy                                   

(poème né après avoir écouté Christian Bobin) 

*

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L’eau de tes yeux…


à René Guy Cadou, i.m., 
et à Hélène,

Tu ne fais pas semblant

et l’eau de tes yeux sait bien mieux

que ceux de ton âge

comme est grand le contenu, tout l’or

d’un instant,

comme il faut savoir attraper la joie, dis-tu,

qui se devine et se dit

même en pleine tourmente…

.

Ton coeur s’ouvre sur des mots d’allégresse

malgré la mort qui te taquine

à chaque instant.
.
Les eaux du fleuve 
apaisent tes pas

comme la fleur fragile de l’amitié

dont s’abreuve l’éclat de ta voix

qui passe par-dessus les années

pour nous parler sans masque.

 .

Bernard Perroy

*

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Une seule voix…

*

Pourquoi la mer

s’en va-telle parfois

de sa grosse voix

mugir ailleurs

comme s’il fallait

qu’elle se nourrisse de départs ?

.

Pourquoi la part en soi

qui flambe et naît

à chaque seconde

n’a-t-elle pas

pour tout le monde

la même voix ?

.

Pourquoi dans l’océan des voix

certains s’opposent

tandis que d’autres

entendent l’harmonie

qui perle au fil

des retrouvailles ?

.
Un peu de danse

et quelques notes

suffisent parfois

pour que s’unisse le monde

en un seul choeur

aux mille voix…

.

Bernard Perroy

1copiedep1000234001.jpgFr. Zacharie à Hébron – © B. Perroy

*

Tournée française
de « Une seule voix » en mai 2006 :

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Nava Téhila :

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(Fr Zacharie, catholique, fut le directeur musical d’un CD du groupe de musiciens juifs : « Nava Téhila ». Pour en savoir plus : article de B. Perroy dans « Feu et Lumière » n°280 – février 2009 /www.NavaTehila.org)

*

Cahier d’enfant… Andrée Chédid

Dans le « coeur du coeur », qu’y a-t-il ?

Il suffit d’aller chercher dans un cahier d’écolier…

 

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*

Par la bouche des enfants… René Char

 

René Char ?

Initiatique, hermétique, énigmatique ? à s’en faire plein de tics !?

Et si les enfants savaient mieux le « dire » que personne d’autre ?

Dans le flot qui sort de leur bouche, tout, curieusement, se simplifie.

Un chant, et se laisser bercer…

Fenêtres sonores, voix chantantes et profondes, à la fois si fragiles et assurées, au fil des mots, au fil de l’eau qui vient submerger les mots pour en faire des galets chantants…

 

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Larmes nettoient et dansent d’amour…

Lachrimae

de John Dowland

(guitare et photos de Laurent Raynaud)

 

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*

Pourquoi vouloir tendre à plus haut

qu’un mot sorti du coeur

tel une larme ?

 

ô la musique de tes pleurs

qui chantent ta faim

et ce désir d’être davantage encore

parmi les bois

et les près

et tout ce qui réveille en toi

une harmonie perdue…

Tendre comme la pointe du clocher

vers le ciel

et se savoir si petit,

 

mais l’amour espère et chante encore

et toujours

et follement,

et vous chantez aussi

ô architectes du vent

qui ornez de pierres sculptées

vos murs et vos fenêtres !

 

Folle voix du vent

se mêlant à nos joies,

nos tourments,

à nos chants éphémères

qui pourtant font écho en nous

à ce qui, dis-tu,

ne meurt jamais…

Bernard Perroy

*

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