La vie majestueuse…

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Vallon de Polset – photo Cyrille Jalabert

Je ne te parlerai pas
de mort,
ni de nuit,

les mont s’élèvent

et leurs corps de rocailles
parsemés de verdures
suffisent pour nous rendre au message
de la vie majestueuse
qui souffle de partout,

depuis ces pentes
baignées de silence matinal
jusqu’aux demeures les plus secrètes
qui déploient dans nos coeurs
leurs paysages sans pareil…

Bernard Perroy

*

Les joueurs de cartes…

 

 

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Les joueurs de cartes (Jérusalem) – © Bernard Perroy

Les joueurs de cartes

se rassemblent

autour d’une table

pour oublier un temps

la face obscure de la vie,

 

ces doutes et ces rumeurs

quand les coeurs

ont du mal à s’aimer

et qu’ils rugissent parfois

à coup de pourquoi

devant le sang versé…

 

Les joueurs de cartes

savent rire,

se passionner

et sursautent parfois

avec tristesse ou jubilation,

 

tout dépend

de la carte qui tombe

à cette heure-ci

de la journée…

 

Bernard Perroy

Couleurs du temps

 

- deux « suites » offertes à Slimane -

*

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peinture de Slimane – © Slimane Ould Mahan

Je voudrais tant
descendre du livre,
des mots,

pour aller me loger
dans la corbeille des rencontres,
des regards et des visages épars
qui vivent de peu
mais caressent d’un espoir toujours renouvelé
les couleurs du temps
comme pour prendre
un bol de flamme vive ou de respiration

avant que de retourner
dans leur solitude,

chacun chez soi,
ou deux par deux,

avant que de retourner
dans l’anonymat
des affaires quotidiennes
prises dans le filet des heures
et du silence qui secrètement,

par en dessous,

maintient
toute chose…

J’aimerais tant
livrer
tout mon être
au chant qui enchante de ses mots et de son vol mélodieux
toute chose,
ce qu’on voudrait toucher du doigt
comme on invente des formes et des couleurs,
comme les replis d’un conte épais de cris
et de pleurs et de joies
et de toutes ces cabrioles qui défieraient,

parmi les vagues multiformes du temps,

toute uniformité,
toute immobilité
de l’âme…

*

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peinture de Slimane – © Slimane Ould Mehan

 

Comment passer la frontière
depuis les mots d’avant,
les pas d’hier,
les jarres connues par cœur,
par le toucher et par le poids,
et qu’on apprend à remplir
depuis qu’on est enfant,

jusqu’aux lendemains situés

de l’autre côté du temps,
jusqu’aux mots qu’on accouche
comme on fabrique une échelle
pour passer sur l’autre rive ?

Comment passer la frontière
depuis ces choses-ci
jusqu’à ces choses-là peut-être identiques
aux premières

mais qui nous semblent
pourtant si lointaines
tant que nous ne les avons pas encore
touchées
du doigt,
du pied,
du cœur fragile mais têtu
comme un âne
qui se laisse ballotter,
alourdir par les soucis du passé
et les peurs du lendemain ?

Mais il chante ce coeur,
à qui veut l’entendre,

et son chant fabrique des mélopées,
des psaumes ouverts
sur la nostalgie du futur
imprégnant déjà le présent,
épaissi d’un passé rafraîchi…

Il chante
et bois le suc
d’un ciel jaune orangé
qu’on dirait presque
venu rien que pour lui…

Comment passer
d’un bord à l’autre

jusqu’au cœur du cœur

qui se trouve en filigrane
de tout ce qui va
sans que les yeux puissent suivre ?

Bernard Perroy

**

(pour connaître davantage l’oeuvre de Slimane : voir dans la catégorie “Albums photos” ainsi que l’accès à son site parmi la liste des Liens)

*

 

sur un poème de François Cheng…

 

 

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À la table d’écriture… de Christian Bobin

 

Lire,

écrire,

approcher du feu

qui couve silencieusement,

 .

princesse d’aube

d’or fin

ou d’enfance,

 .

d’épopées

et de doutes

accueillis

simplement…

 .

Traduire,

non parce qu’il le faut,

mais parce que les mots

nous y engagent

à l’excès

dans cette région du coeur

qui s’est laissée séduire ainsi

au fil de sa propre

existence…

 .

Retranscrire si possible la vie

et ses degrés d’amour,

ses maladresses,

ses désirs,

 .

et cette lumière filtrée

à l’aune de nos âmes

 

qui à la fois baigne

et respecte nos pas…

 .

  Bernard Perroy                                   

(poème né après avoir écouté Christian Bobin) 

*

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Désert 1

 

La vérité du désert, c’est le silence

Sylvie Acatos

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Désert du Néguev – © Bernard Perroy

 .

Sur la page à venir

ta marche

parmi les pierres

et la poussière

chante déjà

à l’encre de tes pas

 .

et du silence offert…

 .

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Désert du Néguev – © Bernard Perroy

.

Chante à la nuit,

à la flamme,

aux prochains jours

de silence

ou de pluie…

 .

Chante

à l’oreille

de ton coeur…

 .

Chante

à perte de vue

vers ce qui toujours

te précède…

 .

Chante

à ce que tu découvres

sous tes pas,

 .

à ce qui te mène

vers où tu ne sais pas...

 .

*

 

 .

Tu cherches la note

et sans doute avec la note,

 .

l’amour

le monde,

l’enfance,

 .

l’homme

et sa seconde enfance

dans le vieillard,

assis chez toi,

 .

et tout ce

qui te parle

d’absence,

de présence,

 .

de fontaine éblouies

et d’eau vive,

.

d’oasis et de paix

 .

Tu cherches la note

à retranscrire

sur la page à venir…

 .

*

Tu cherches

et tu notes,

.

tu écris comme tu marches,

comme tu parles,

 .

et tu chantes

.

Tu ne sais pas toujours

dire

le paysage,

 .

ses ombres pierreuses,

ses roches coiffées de soleil,

 .

ses lointains

et ses proches,

 .

la brûlure du corps

et du coeur…

 .

Le paysage ici

déploie son paradoxe,

 .

il fait remonter en toi

tant de choses

en même temps

 .

qu’il vient te taire…

 .

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Désert du Néguev - © Bernard Perroy

 .

*

Ta vie

entière

est paysage

 .

et tu marches,

tu cherches

et tu sais

déjà

.

que tu ne

t’arrêteras

jamais…

 .

Bernard Perroy

.

*

Désert 2

Le désert, c’est aussi l’écoute, l’extrême écoute.

Edmond Jabès

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Désert du Néguev – © Bernard Perroy

 .

L’espérance des hommes

affûte le temps,

toute chose comptée,

notre espace intérieur,

sur l’établi de l’éternité…

 .

*

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 Désert du Néguev – © Bernard Perroy

 .

En tout lieu

les mêmes réjouissances,

les mêmes fatigues, et ce pourquoi

nous restons si souvent

 .

sans voix…

 .

*

Les mots eux-mêmes

ne sont l’affaire

que d’un instant,

 .

mots nomades des lieux

et des temps…

 .

*

Désert 2 dans AU FIL DU TEMPS... 6 1copiedep1000285

Désert du Néguev – © Bernard Perroy

 .

Un seul regard

sur le rythme lent de la marche

peut éclairer

d’un jour nouveau

ce que nous avions cru

peut-être tant

savoir…

 .

*

Céder

à la tentation du bleu,

.

Hauts royaumes du silence…

*


L’eau de tes yeux…


à René Guy Cadou, i.m., 
et à Hélène,

Tu ne fais pas semblant

et l’eau de tes yeux sait bien mieux

que ceux de ton âge

comme est grand le contenu, tout l’or

d’un instant,

comme il faut savoir attraper la joie, dis-tu,

qui se devine et se dit

même en pleine tourmente…

.

Ton coeur s’ouvre sur des mots d’allégresse

malgré la mort qui te taquine

à chaque instant.
.
Les eaux du fleuve 
apaisent tes pas

comme la fleur fragile de l’amitié

dont s’abreuve l’éclat de ta voix

qui passe par-dessus les années

pour nous parler sans masque.

 .

Bernard Perroy

*

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Une seule voix…

*

Pourquoi la mer

s’en va-telle parfois

de sa grosse voix

mugir ailleurs

comme s’il fallait

qu’elle se nourrisse de départs ?

.

Pourquoi la part en soi

qui flambe et naît

à chaque seconde

n’a-t-elle pas

pour tout le monde

la même voix ?

.

Pourquoi dans l’océan des voix

certains s’opposent

tandis que d’autres

entendent l’harmonie

qui perle au fil

des retrouvailles ?

.
Un peu de danse

et quelques notes

suffisent parfois

pour que s’unisse le monde

en un seul choeur

aux mille voix…

.

Bernard Perroy

1copiedep1000234001.jpgFr. Zacharie à Hébron – © B. Perroy

*

Tournée française
de « Une seule voix » en mai 2006 :

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Nava Téhila :

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(Fr Zacharie, catholique, fut le directeur musical d’un CD du groupe de musiciens juifs : « Nava Téhila ». Pour en savoir plus : article de B. Perroy dans « Feu et Lumière » n°280 – février 2009 /www.NavaTehila.org)

*

Cahier d’enfant… Andrée Chédid

Dans le « coeur du coeur », qu’y a-t-il ?

Il suffit d’aller chercher dans un cahier d’écolier…

 

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*

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