couleur de lune…

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© Bernard Perroy - plage de Luzéronde – Noirmoutier 2012

J’imagine le bruit
d’un tendre mot couleur de lune
quand il tombe sur le sable,

un mot comme un cri,
dans le tumulte du monde,
que plus personne n’entend…

Bernard Perroy

(3 mai 2017)

I Imagine the Sound

I imagine the sound
of a soft word by the moonlight
falling in the sand,This word , seemingly a shriek
amidst the chaotic world

is one no one hears anymore…

 (traduction par Vatsala Radhakeesoon)

*

J’irai dès l’aube…

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© Bernard Perroy - plage de Luzéronde – Noirmoutier

J’irai dès l’aube
caresser du regard
le ciel doux

et le soir sur la rive
me laisser envahir
par la lumière,

mon seul héritage,
ma seule espérance,
ma seule joie

qu’accompagnent des lignes
tracés dans le sable
et la vérité des rides
creusant nos visages…

Je défilerai la laine
de mes allégresses
et de mes terreurs

dans un conte improbable
que je confierai tout bas
aux oreilles du coeur

de celui qui affleure
page après pages
le défilé cahin caha

de tous mes mots…

Bernard Perroy

*

à perte de vue…

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© Bernard Perroy - Sologne – 2017

Se dire, faire vibrer
sur le clavier du coeur

ce qu’on ne sait pas très bien,
Jean-qui-rit, Jean-qui-pleure,

toutes ces profondeurs
en soi que l’on porte à toute heure

sans trop savoir comment,
sans trop savoir pourquoi,

comment pourquoi on aime
en chemin la lumière, les chênes

et tout ce qu’il y a d’humain en chacun
pour poursuivre la route sur la rive

d’où l’on voit si l’on veut bien
à perte de vue,

par-dessus les horreurs,
toute la beauté du monde.

Bernard Perroy

*

entretenir le feu…

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© B. PERROY, Sologne 2017

Sourire dans les jardins,
entretenir le feu,

qu’au matin, malgré nos lèpres
et la plèvre humide des cieux,

nous nous élancions
vers l’impossible paix du coeur,

les yeux ouverts sur l’argile
et toute espèce de sang,

sur l’eau vive de l’enfance
et les verts pâturages du bonheur…

Bernard Perroy

*

à temps et à contre-temps…

Ne t’offusque pas
des pleins et des déliés de ton âme
et de tout ce qui court
depuis le tapis de la terre
jusqu’aux saveurs des nuées…
Que tout advienne pour toi,
à temps et à contre-temps,
pour ton plus grand émerveillement…

Bernard Perroy

Symphonie végétale...
Album : Symphonie végétale...
Pascale Nouailhat possède l'art de nous faire vivre un véritable pèlerinage à travers les merveilles des sous-bois et des champs, et d'enchanter nos âmes !
12 images
Voir l'album

*

Parmi les arbres…

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photos de © Bernard Perroy à l’abbaye de Melleray, 2014

Parmi les arbres 
et sur les eaux,
la paix se donne

et les mots s’envolent…

Il ne reste plus rien
que l’instant

d’un regard

dans le coeur
de l’enfant 
que je suis,

pour aller de mémoire
plus avant vers la vie,
vers la source de mon avenir…

Bernard Perroy

*

La mer toujours…

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© Bernard Perroy - Noirmoutier 2011

La mer toujours en été comme en hiver
est belle de sa vie de vagues remuées
comme l’on berce son coeur à l’intérieur de soi
devant l’inconnu qui se présente
à chaque carrefour de l’existence
comme à chaque changement de marée…

Bernard Perroy

*

je me bats…

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© jef aérosol – « fight with words ! », pochoir 2017

                                   à mon frère Jef,

Je me bats avec l’aile du temps
qui fredonne sa chanson
douce amère et même si
l’on va chacun vivement vers la mort,
j’aime jouer à saute-mouton
 
sur les obstacles que j’enferme
en moi-même sous ma peau
dans la coquille de mon âme
et que j’entends autour de moi
de par le monde des écrans
et des cris et des bombes,
 
mais je me bats avec les mots,
entre les mots et les silences
et grâce aux mots que je tape du doigt,
eux qui savent si bien me donner
par surprise l’art de durer et la joie
de ce qui me murmure en moi
de bien avant et de bien après
ma toute petite vie…
 
Bernard Perroy

 

*

Qui te diras ?

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 © Bernard Perroy - Sologne – 2013

                                  à Anne Perrier,

Qui te dira comment vieillir
Saisir les beaux jours à venir
Dans l’or d’un seul mot entendu
D’un oiseau dans le cœur
Ouvert à tous les temps…

Il chante aussi pour ces jours-ci
De linge détrempé
De volets rabattus par grand vent
Lorsque danse une tendre lumière
Qu’on avale à chaque bolée
De soupe chaude après la pluie.

                                Bernard Perroy

(extrait de « Un soir où le soleil d’octobre… », préface Gilles Baudry, éd. Sac à Mots)

 

*

Le jour se lève…

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© Philippe Agostini - 2016

Le jour se lève
sur ces dépôts de sel
que nos larmes
ont semés
au coin des yeux,

à la frontière du regard,
à la frontière du jour
et de la nuit,
de la consolation
et de l’oubli.

Le jour colporte ses couleurs,
et la douleur s’amenuise
devant le spectacle inventif
de la lumière,

reflet végétal,
reflet en arc-en-ciel
du règne des plages de pourpre
et d’amour

baignant dans les plis
et replis de nos
domaines intérieurs…

Bernard Perroy

*

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